Même un long texte ne suffira pas pour combler mes larmes. Je pensais déjà avoir pleuré tout mon saoûl pour une autre raison qui n'a aucun rapport. Mais là, je ne peux y faire face. Je m'étais tellement attachée à toi .. Tu étais un cheval idéal, tout le monde t'adorait, te cajolait, et dire que toi, tu avais horreur que l'on te brosse, et tu montrais les dents pour qu'on te laisse tranquille. Tu aimais faire peur aux débutants ainsi. Ne crois pas que c'est parce que tu es parti que l'on ne t'a pas oublié. Tu as fait passer des milliers de galops et tu as satisfait les galopeurs effrénés comme les petits cavaliers timides. Tu m'as fait reprendre confiance après mon manque de contrôle sur Grinor, et en cross en plus de ça. Je t'ai monté à cru, j'ai ressenti tes os et tes foulées, et j'étais tellement bien. Qui prendra le relai après toi ? Qui ? Avec qui je ressauterai les barres qui m'effrayaient ? Aucun autre cheval ne me fera oublier celui que tu étais. Tu étais merveilleux, et nous avons eu énormément de chance de te connaître. Je n'oublierai jamais les galops que nous avons fait toi & moi, ni les sauts, ni aucune des foulées que tu m'as données. Tu as eu la bonté de nous faire part d'une moindre partie de ta grâce. Merveilleux cheval tu étais. Et tu as décidé de rendre l'âme à vingt-trois ans, le vendredi 5 juin. Tu as tout donné, et même si la tristesse est abondante, les souvenirs restent et ne s'envoleront pas.
Depuis le vendredi cinq juin deux mille neuf, Urbain de Varenne galope dans la grande prairie verte, à l'âge de vingt-trois ans. Il continuera de briller dans mon coeur pour toujours. ♥